29.10.2008
De la posture de marque au mécénat scientifique
« La beauté est multiple », « la beauté est en chacun de nous »… NIVEA revendique sa vision d’une beauté partagée et démocratisée, et le décline largement dans l’ensemble de ses communications.
Mais la conviction de la marque NIVEA semble dépasser la simple dimension commerciale : l’entreprise a créé en 2006 un observatoire scientifique en partenariat avec le CNRS, dont le but est de rendre accessible au public des travaux de recherche en sciences humaines sur la peau et le corps.
Un comité scientifique composé du bioanthropologiste Gilles Boëtsch, du philosophe Bernard Andrieu, du sociologue David Le Breton, de la dermatologue Nadine Pomarède, et de l’historien Georges Vigarello se réunit tous les 3 mois, pour réfléchir et échanger sur des thématiques autour de la peau, du corps, du paraître, de la relation au corps dans la société, de la quête de la beauté et du bien-être….
Le comité publie ensuite des textes scientifiques sur le site internet de l’observatoire, et dans des cahiers tirés à 3000 exemplaires. Nivéa n’intervient pas, et laisse une totale liberté éditoriale au Comité.

La marque s’investit autrement, et de plus en plus : si, à l’origine, elle se limitait à financer la logistique et les publications, elle a depuis mis en place un prix Observatoire Nivea/CNRS décernant 20 000 € à deux doctorants pour financer leur thèse, et en 2007 elle a aussi permis l’organisation du premier colloque du CNRS sur la peau.
Cette année, Nivea est devenu le principal sponsor de la grande exposition gratuite du CNRS : « Couleurs sur corps », qui se tient au Trocadéro jusqu’au 9 novembre.
Du "claim" de marque au l'action sociétale, n'est-ce pas une autre façon d'être "participatif" ?
22:16 Publié dans Marques | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nivea, marque, mécénat, beauté
16.09.2008
"Cheap and glam", le maquillage à 1 € par E.l.f
E.l.f (pour « Eyes, lips, face »), site américain de vente de produits cosmétiques à 1 euro se lance sur le marché français.
Leur promesse ? Des produits innovants et de haute qualité, le tout pour un prix minime car tous les frais annexes (frais généraux, packaging, marketing…), sont réduits à leur plus simple expression.
Les achats sont réalisés en grande quantité, pour bénéficier d’un effet volume, et les flux logistiques ont également été étudiés avec soin pour représenter un minimum de dépenses. A titre d’exemple, les locaux de la succursale française ont été installés à … Dunkerque, localisation pas très « glam’ » mais certainement moins dispendieuse que des bureaux en plein cœur de Paris.
En clair, ce n’est pas parce qu’on ne peut pas / ne veut pas payer cher qu’on ne peut pas bénéficier d’innovations ou de jolis produits, et la marque propose réellement une gamme complète et attractive, avec aussi la possibilité de créer ses propres palettes de couleur pour les lèvres, les yeux et les joues, et incluant même les nouveaux chouchous de la cosmétique, des produits minéraux.
Alors est-ce que ça marche ? Outre-Atlantique, la marque, créée en 2004, compte actuellement 350 000 clientes et son site réalise en moyenne 2 000 ventes par jour, d’après le Journal du Net. La marque est également distribuée dans de nombreux magasins et parfumeries.
En France, outre sa gamme de produits, la marque mise l’essentiel de son marketing sur le site internet et sur le bouche-à-oreille.
Le site est calqué sur la version US, à quelques rubriques près : même le nom de la conseillère en ligne est resté le même. La navigation est très aisée, l’ensemble est clair, agréable à regarder. Un petit détail que je trouve dommageable : les polices de caractères du site américain sont plus « luxe » que celles de la version française, et contribuent davantage à positionner le site dans un univers haut de gamme.

La marque ne bénéficiant pas d’une forte notoriété chez nous, elle compte beaucoup sur les testimoniaux presse et clientes pour se développer : sinon, comment convaincre les consommatrices qu’à 1 €, elles achètent vraiment un produit de bonne qualité ? Une rubrique est donc dédiée exclusivement à la revue de presse, et un blog a été mis en place pour recueillir les avis des clientes.
Afin de constituer une base de données qualifiée de clientes et de prospects, la marque propose également à ses clientes de remplir leur profil beauté en ligne, de s’abonner à la newsletter, et de parrainer des amies.
Mais sa valeur ajoutée, ce sont les nombreux conseils beauté et exemples de looks à reproduire dont les internautes peuvent s’inspirer.
A voir si la success story se répète comme en Australie, au Canada ou en Angleterre, mais ce parti-pris du « cheap and glam » mériterait d’être décliné dans d’autres domaines.
20:00 Publié dans Expérience web, Marques, Produits | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : beauté, discounter, e.l.f, site web, marque
10.09.2008
Rose pour les garçons, bleu pour les filles ...
Le "gender marketing", c'est MON sujet de réflexion du moment :
- peut-on différencier des produits "standard" par le genre (téléphones portables, consoles de jeux, Ipod... la technologie vire au rose bonbon) ?
- peut-on relancer un produit significativement féminin ou masculin en lui donnant des codes propres à l'autre genre (Coca Zero vs Coca Light)
- qui sont les consommateurs réceptifs à ce type de produits ?
En guise d'amuse-bouche, voici deux exercices de style : comment parler des cosmétiques aux hommes et de l'automobile aux femmes ?
Sephora fait clairement des hommes une cible prioritaire : voici un nouveau mailing reçu la semaine dernière, dans la droite ligne de celui reçu en juillet (pour plus de détail, vous pouvez consulter ma note à ce sujet : "ça va faire mâle chez Sephora")

Alfa Romeo , marque automobile sportive par essence, et par là très masculine, en tout cas beaucoup plus que ses cousines Fiat ou Lancia, veut aussi séduire la clientèle féminine. Voici donc www.romeomag-et-vous.fr , site internet destiné à promouvoir le modèle Alfa 147, spécifiquement auprès des femmes. Avouez que l'approche est originale.


07:40 Publié dans Gender marketing | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gender marketing, beauté, automobile, Sephora, Alfa Romeo
14.07.2008
Ca va faire mâle, chez Sephora
Petit voyage dans le moyen-âge du marketing, soit 8 ans en arrière, au début des années 2000, quand les industriels des cosmétiques se sont découverts un nouveau Graal : le marché des Hommes.
A l’époque, c’est un fait : les hommes s’intéressent de plus en plus à eux, … et le marché s’intéresse alors de plus en plus aux hommes.
De grandes marques « féminines » développent des pendants masculins (Biotherm, Vichy, Clinique, Nivéa…), alors qu’apparaissent de nouvelles marques spécifiquement masculines (comme Nickel – certes portée par la mouvance gay, mais pas que.)
Mais ces nouveaux hommes qui cherchent leur équilibre entre virilité, authenticité, émotion, écoute, partage et conquête ne sont pas des proies faciles : leurs attentes en terme de performance produit et de discours marketing sont difficiles à cerner. Et surtout, entre ressentir le besoin de prendre davantage soin de soi, et le revendiquer en achetant des produits cosmétiques, il y a un grand pas que beaucoup n’osent pas franchir.
Et puis, courant 2005-2006, on dirait qu’une lame de fond verte vient tout balayer sur son passage. Les hommes ? Oui, d’accord, mais la planète d’abord… Les cosmétiques bio, jusque-là relegués dans les boutiques idoines, investissent peu à peu les pages beauté des magazines… et face à la demande ainsi générée, les corners des grands magasins.
Du coup, les grands groupes réagissent : pas question de passer à côté de cette nouvelle demande, que ce soit par acquisition (L’Oréal a par exemple racheté Sanoflore), ou par lancement de nouvelles marques (le même L’Oréal a introduit Bioexigence, une marque bio certifiée Ecocert dans le catalogue du Club des Créateurs de Beauté, son canal de vente par correspondance).
Et les hommes dans tout ça ? A moins qu’ils se mettent également au Bio, quelqu’un pense-t-il encore à eux ?
Oui, répond Sephora. L’enseigne de parfumerie du groupe LVMH n’a pas renoncé à conquérir ce rude marché.
Sephora vient en effet d’envoyer aux bons clients détenteurs de sa carte de fidélité, un mailing intitulé « mâle de séduction ».
Reprenant le format carré des communications « marketing direct papier » de Sephora, mais dans un code couleur masculinisé pour l’occasion (noir, blanc, bleu), ce mailing s’avère très complet : il est en effet composé d’une lettre, d’une brochure de 16 pages présentée comme un mini-magazine (mais un fait une brochure de présentation d’offres spéciales), et d’un chéquier de réductions personnalisé au nom du destinataire du mailing et de son numéro de carte (il faut bien faire un peu de tracking), s’il vous plaît.

La sélection regroupe des parfums Dior, Guerlain, Bulgari, Cerruti, et des soins Clinique, Clarins, Nickel, Lancôme, sans oublier, parce qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, la nouvelle gamme « peaux sensibles » de Sephora Men.
Le texte alterne le registre de la séduction renversante : « une sélection pour les rendre folles de vous », « un plaisir absolument complet » et celui de la performance (dans la présentation des produits).
Et pour répondre aux besoins des hommes pressés (« pas de temps à perdre dans une parfumerie » -qui plus est), Sephora a même pensé à leur proposer les frais de port gratuit à partir de 30 € d’achat, au lieu de 60 €, pour toute commande passée sur le site internet.
Les prémices d’un programme de fidélité 100% dédié aux hommes ?
17:50 Publié dans Gender marketing, Marketing relationnel - CRM | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Gender marketing, beauté, marketing relationnel, Sephora
31.05.2008
Nocibé se dote d'un espace bio
Alors que Sephora et Marionnaud se recentrent sur des concepts haut de gamme, Nocibé se lance dans le bio en accueillant 4 marques, distribuées en magasin dans un corner dédié, ainsi que sur le site www.nocibe.fr :
- Sanoflore
- Phyt's,
- Natescience
- Themis
"En proposant une gamme de produits rigoureusement sélectionnés, Nocibé souhaite rendre la cosmétique Bio plus accessible et ainsi accompagner ses clientes dans leur envie de naturalité", expose Xavier Dura, président de Nocibé, dans un communiqué de la marque.
C’est de toute façon le « sens de l’histoire » : d'après le cabinet Opremys, cité par e.marketing, les marques bio représentaient en 2006 2,5% du marché français de la cosmétique, mais devraient atteindre 10% en 2010.
Il y aura donc de la place dans le circuit de distribution sélectif pour les marques bio qui souhaiteraient l’investir, alors que d'autres préféreront néanmoins rester dans la « neutralité marketing » de l’environnement des parapharmacies.

10:15 Publié dans Marketing durable | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Bio, marketing durable, Nocibé, beauté
25.05.2008
Pour un homme, un vrai
Exit le métrosexuel, le « nouvel homme » qui le premier, a laissé libre cours à sa part de féminité en devenant un dandy particulièrement soigné et enfin (se dirent les marques de cosmétiques pour hommes) avide de produits de beauté !
Voici le nouveau « nouvel homme » de chez Caron, le rugbyman Sébastien Chabal, un vrai parangon de virilité parmi les autres « dieux du stade ».

Un choix osé, de la part de Caron : on ne peut pas dire que Chabal fasse partie des hommes qui s’attachent à prendre soin d’eux et de leur image à l’instar d’un David Beckam… mais justifié quand on voit les photos de la campagne.
Finalement, qu’est ce que la masculinité « Caron » aujourd’hui ? Un sportif puissant, charismatique, rude avec l’adversité, et néanmoins reconnu pour sa simplicité. Un homme, un vrai, « brut de décoffrage », à prendre tel qu’il est. Nul doute que beaucoup d’hommes auront envie de s’y reconnaître.
21:52 Publié dans Campagnes pub, Marques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Image de marque, campagne pub, Beauté
22.05.2008
Lancôme invite ses clientes à un chat en direct

Plutôt en pointe sur l'exploitation d'Internet dans sa stratégie relationnelle, Lancôme propose aux abonnées de sa newsletter de participer à un chat avec la Directrice Scientifique de la marque, au sujet de la crème anti-âge Rénergie Refill.
En attendant le chat de vendredi, Lancôme retransmet sur la "scientific webstation" créée pour l'occasion, une vidéo d'information sur les rides, présentée justement par Véronique Delvigne, la Directrice Scientifique qui interviendra pour le chat.
A mon avis, une bonne initiative de la part de Lancôme, qui s'est clairement repositionné comme un spécialiste du soin anti-âge, en jouant la carte de la transparence et du discours scientifique dans ses communications produit, et en délivrant des messages très pédagogiques aux clientes (quel produit pour quel âge...) via ses conseillères de vente.
Cette démarche a en effet un double bénéfice :
- renforcer le capital expertise et confiance dont bénéficie Lancôme auprès de ses clientes, en leur permettant non seulement de poser en direct toutes les questions qu'elles souhaitent aborder, mais aussi de les poser à une personne qui saura leur répondre par des arguments scientifiques, et non marketing,
- créer du lien avec la marque, en ouvrant les laboratoires de Lancôme aux clientes du "cercle privilégié".
22:20 Publié dans Expérience web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Web 2.0, Beauté
17.05.2008
Arsenic et vieilles dentelles : "Fuel for life" by Diesel
"Ladies and gentlemen, meet the Diesel bad lads and bad lasses ! »

En marge de la guerre des égéries que se livrent - avec talent, il faut le reconnaître - Dior et Chanel, une campagne de lancement de parfum s'est distinguée en 2007 par son originalité et sa force d'évocation : « Fuel for life », de Diesel.
Sensuelle et suggestive, cette campagne, orchestrée par L'Oréal, surfe sur la tendance « glamour vénéneux », très en vogue actuellement (« Midnight Poison » de Dior, « Anges et Démons » de Givenchy..., voir à ce sujet l'article de Cosméo, sur son blog ).
Mais elle se distingue par son esthétisme très novateur par rapport aux communications habituelles du secteur :
- des lieux dépouillés, et en même temps très évocateurs de mauvaises fréquentations: le vieux manoir désert (tendance «fille de mauvaise vie») ou le caniveau (tendance «bad guy»),
- des mannequins atypiques, charismatiques, qui transpirent le soufre, le musc et la sueur... on est loin des visages purs que l'on voit généralement dans les cosmétiques,
- un stylisme qui mixe Belle Epoque et Far West, esprit boudoir et saloon,
- le tout rehaussé par une musique intrigante et un traitement visuel très brut, un peu suranné et en même temps très sophistiqué, type journaux du début du siècle : du sepia ou du noir et blanc légèrement colorisé...
Au final, un univers captivant et singulier, qui mélange pêle-mêle vintage, baroque, romantisme noir, et subversivité.... loin du luxe soigné.
Ajoutons à cela un claim manifestement provocateur : « use with caution » en TV, « finally legalized » en print : « Fuel for life », c'est le carburant des mauvaises graines, de l'essence de vie mouvementée !
Alors, « are you alive ? »
20:10 Publié dans Campagnes pub, Marques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Beauté, Campagne pub, Marque
Sanex lance des déodorants à la pierre d'alun

Surfant (à son tour) sur la vague des minéraux - très en vogue dans les cosmétiques - et du bio, Sara Lee lance la gamme Sanex NaturProtect, 4 déodorants intégrant de la pierre d'alun dans leur formulation :
- 2 déodorants peau sensible, en spray et en bille
- 2 déodorants peau normale, idem
Les produits sont par ailleurs sans paraben.
Les acheteurs de produits d'hygiène bio ne s'y tromperont néanmoins pas : il s'agit de produits "bio-like", "d'inspiration bio", mais pas de vrais produits bio.
D'aucuns diront que c'est trompeur, que la grande consommation récupère déjà une tendance de consommation émergente : acheter responsable et respectueux de l'environnement, au détriment des acteurs authentiques, en induisant le consommateur en erreur.
Mais, c'est un vrai débat : sans la grande consommation, et sans un passage par le "bio-like", le bio peut-il vraiment devenir le mode de consommation majoritaire ? On pourra ensuite se demander s'il est souhaitable, pour la nature et ses ressources fragiles, que le monde entier se mette à consommer bio...
Pour info :
L'alun est un antiseptique et un astringent : concrètement, il régule la transpiration en resserrant les pores de la peau et lutte contre les bactéries responsables des odeurs ... désagréables. Pour les hommes, il est aussi efficace comme après-rasage, pour apaiser le feu du rasoir.
La pierre d'alun est d'ailleurs principalement commercialisée comme déodorant dans la plupart des boutiques bio.
A noter qu'il y a un débat sur la toxicité de l'aluminium contenu par l'alun.
19:25 Publié dans Marketing durable, Produits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Beauté, Bio, Marketing durable, Nouveauté produit


