06.11.2008
Halloween is dead
C’est avec un certain plaisir que je constate chaque année le déclin d’Halloween en France, et j'attends le moment où nous en serons définitivement débarrassés.
En tout cas, cette expérience aura au moins apporté la preuve que contrairement à ce que disent ses détracteurs, le marketing ne peut pas faire avaler n’importe quoi aux consommateurs.
Importé il y a un peu plus de 10 ans à grands renforts de justification pseudo-historique (Halloween serait à l’origine une fête druidique que célébraient nos ancêtres les Gaulois), personne n’a jamais été dupe du fait qu’il s’agissait de créer de toutes pièces un engouement pour une fête permettant aux « sociétés de consommation » de combler le trou de événementiel entre la rentrée des classes et Noël.
Nous avons donc subi la déferlante "halloweenesque" avec plus ou moins de complaisance (on sait bien que c’est du commercial, mais bon, ça fait plaisir aux enfants – petits et grands) : des bonbons citrouille aux collections limitées de prêt-à-porter en passant par les bouteilles de bière collector et autres forfaits téléphoniques « Olaween », les annonceurs comme les distributeurs ont rivalisé d’imagination pour créer le pic de ventes de la saison.
Puis finalement le phénomène s’est essoufflé tout seul. Entre le besoin de régénérer son porte-monnaie épuisé par l'épisode "rentrée" avant d'attaquer les achats de Noël, et la méfiance générée par trop de battage commercial, voilà les consommateurs qui boudent les toiles d'araignées !
Surprenant ? Non, rassurant. Sur le papier, le produit était séduisant… Mais quelqu’un s’est-il demandé s’il correspondait vraiment à une attente des consommateurs ?
R.I .P …
08:28 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : réflexions, halloween, thématique promotionnelle, attente consommateurs
04.11.2008
Point de contact vs point de rencontre ?
Jusqu’à combien d’e-mailings peut-on envoyer à un client par mois ? Comment combiner pub mass media, e-mailings, et mailings papier pour optimiser le nombre de contacts ? Et qui du mobile ? Et quid des réseaux sociaux ? etc, etc … et le point de vente, dans tout ça ?
« Rationnaliser-sa-stratégie-multicanal-pour-optimise-les-contacts-par-client-et-améliorer-le-ROI-de-ses-campagnes », c’est évidemment un axe de travail essentiel pour le marketing. Néanmoins, comme on tend à assimiler multi-canal et multimedia, on oublie vite un canal de communication capital : le lieu de vente.
Canal d’autant plus important qu’il est bien plus qu’un point de contact (= le consommateur reçoit un message de la part de la marque) : c’est plutôt un point de rencontre, c'est-à-dire un lieu où le consommateur vient interagir avec la marque, de la découverte sensorielle de ses produits à la prise de conseils par un vendeur jusqu’à l’achat final.
On est donc passé du simple lieu d’exposition de la marchandise à un lieu de matérialisation de l’univers de la marque, ayant pour vocation de faire vivre au visiteur une expérience riche, de lui apporter un service à valeur ajoutée.
Si cette transformation s’est faite notamment en réaction à l’essor des e-commerçants, imbattable en termes de rapidité, de facilité à obtenir de l’information détaillée, et d’absence de contraintes horaires, il est amusant de noter que le e-merchandising commence à se développer (ambiance sonore, nouvelles ergonomies …) : l’expérience recherchée on-line est sans conteste différente de l’expérience recherchée en point de vente « off-line », mais il s’agit bien de vivre une expérience.
De l’expérience de la marque à l’usage des produits
Codes coloriels, choix des matériaux, style du mobilier, design sonore ou olfactif, aménagement de l’espace, le point de vente est d’abord un écrin pour la marque, et doit refléter son univers. C’est la première des expériences attendues.
Néanmoins, un magasin n’est pas un musée : on ne s’y rend pas pour contempler des œuvres, mais pour toucher, essayer, utiliser, s’approprier des produits.
C’est dans cette optique que SFR a conçu le concept-store « Le Studio » : un espace centré vers l’utilisateur de téléphone mobile.
Dans une boutique de téléphonie mobile traditionnelle, les modèles sont tristement exposés le long des murs, attachés et déchargés pour éviter les vols de sorte qu’on ne peut pas réellement les essayer. Or, avec son mobile, on téléphone, on écoute de la musique, on échange des fichiers, on s’amuse à le customiser… le nouveau concept-store SFR se veut donc un lieu dédié aux utilisateurs et aux utilisations de mobile dans toutes ses fonctionnalités. On y trouve donc une salle de concert pouvant accueillir 200 personnes, des « douches musicales » permettent aux visiteurs d’écouter puis de télécharger près d’un million de singles, un bar "plug'n drink" doté d'une carte signé La Grande Epicerie de Paris et d’ordinateurs en libre accès connectés en WiFi, et un « espace fashion » qui propose une sélection de produits et gadgets introuvables ailleurs en France, accessibles et utilisables par tous, quel que soit l’opérateur, ainsi qu'un atelier de personnalisation de son mobile.
Le concept-store physique se double d'un remarquable site web dédié : www.lestudiosfr.fr .

Autre nouvelle promesse des enseignes : plus de confort d’achat, plus de services, plus d’accompagnement. Les consommateurs ne sont plus uniquement en recherche d’un produit, mais d’un usage, d’où le succès croissant des ateliers de bricolage, cours de cuisine, « beauty class », et autres découvertes de la nature ou initiation à l’informatique, proposés par les enseignes.
C’est notamment un des points forts de Nature & Découverte, qui, forte de sa vocation pédagogique, a proposé dès ses débuts à sa clientèle des rendez-vous thématiques (balades, ateliers découverte…) en lien avec la philosophie de l’enseigne. D’abord relayés ponctuellement par les magasins, ces rendez-vous sont devenus une telle institution qu’ils sont désormais publiés dans un agenda trimestriel ainsi que sur le site internet de Nature & Découverte, où on peut même s’y inscrire en ligne.

Du vendeur de produits au conseiller de marque
Les clients savent que certains produits sont plus rémunérateurs pour les vendeurs, et donc que discours de ces derniers est forcément orienté… alors ils se renseignent sur internet. Que devient le rôle du vendeur quand les consommateurs débarquent en magasin avec leurs fiches-produits déjà imprimées ?
Le vendeur doit donc faire preuve de compétence et d’impartialité pour que le client ait le sentiment qu’on lui donne de bons conseils, et pas qu’on essaye de lui vendre un produit qui ne correspond pas réellement à son besoin.
J’ai eu une excellente expérience personnelle chez Kiehl’s, marque de cosmétiques américaine récemment implantée par L’Oréal sur le marché français. Chez Kiehl’s, pour commencer, on ne parle pas de vendeurs, mais de « customer representative », c’est dire si on prend au sérieux la notion de "service client". La « customer representative » a passé une heure à m’expliquer en détail ses gammes, lesquelles étaient intéressantes pour moi, et à me les faire essayer, avec au passage 2 ou 3 astuces-beauté, alors que je venais juste regarder. En plus des trois produits que j’ai finalement achetés, elle m’a donné de généreux échantillons des produits sur lesquels j’avais hésité, et remis sa carte de visite pour que je puisse la contacter par mail, si je souhaitais lui dire ce que j'en pensais à l’usage.
Attention toutefois, un autre mot-clé de « nouveau vendeur » doit être adaptabilité : s’adapter au niveau de connaissance de son client (employer des termes techniques à bon escient, ni trop ni pas assez...), et s’adapter à son intérêt pour le produit qu’il est en train d’acheter.
Pour finir, le must du moment ? Le coach ou le « personal shopper » qui, sur rendez-vous individuel, prodiguent au consommateur perplexe des conseils personnalisés. On les trouve plutôt dans les secteurs de la mode et de la décoration, mais le principe est parfaitement transposable ailleurs.
En bref, qu’ils soient réels ou virtuels, ne jamais oublier que le point de vente et son personnel commercial sont la pierre angulaire du CRM.
09:00 Publié dans Expérience lieu de vente, Marketing relationnel - CRM, Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crm, expérience lieu de vente, sfr, kiehl's, nature et découverte
26.10.2008
Multi-canal, nouveaux medias, dans quel état j’erre…
J’ai assisté mardi dernier à une table ronde organisée par l’Electronic Business Group, sur les stratégies multi-canal. J’en suis ressortie avec le sentiment que de la théorie à la pratique, il y a un gouffre béant, c'est-à-dire que tout le monde en parle, mais peu de marques ont encore dépassé le stade du couple-roi produit/promotion pour mettre en place des programmes de marketing clients réellement intégrés (avouons-le, je me suis sentie soudain moins seule …).
L’orientation de la table ronde était assez « mécanique » : quels canaux, quelles combinaisons, avec quelle fréquence, pour quel coût… Est-ce à dire que les responsables marketing clients doivent rendre compte beaucoup plus que les responsables marketing opérationnel de l’efficacité de leurs actions ?
Et pourtant, il n’y a pas de savant algorithme qui permette d’établir à coup sûr la bonne combinaison de canaux pour la bonne cible, avec la bonne pression de contact, et le bon ROI, il s’agit au mieux d’un apprentissage empirique, fondé sur le retour d’expérience. Mais cette recherche de performance n’est pas une fin en soi. Comme l’a évoqué Jean-Paul BARADEL, Directeur Internet et CRM de DANONE, de même que la pression publicitaire en télévision fait qu’aujourd’hui les consommateurs y sont devenus quasiment insensibles, la pression publicitaire dans les boîtes mails risque d’aboutir à la même indifférence. Les marques, dixit Jean-Paul BARADEL, doivent donc en priorité développer une stratégie « pull », pour attirer les consommateurs vers leurs sites web, au lieu de pousser leurs messages vers le public, soient-ils brochures toutes boîtes, campagnes de pub ou e-mailings.
Tiens, voici un discours que j’entends pour la première fois, qui me semble diablement pertinent, mais kézako, une stratégie « pull » en matière de contenus de marque ?
Je n’ai pas eu la réponse lors de la conférence, puisque nous sommes passés rapidement au sujet suivant, mais je l’ai trouvée dans le STRATEGIES de cette semaine (n° du 23/10/2008), grâce à cette petite phrase du directeur de BETC 4D Digital House : « Les marques doivent s’inventer un deuxième métier sur le Net, en devenant des médias sur leur territoire d’expression. »
Il ne s’agit plus de faire de l’éditorial « classique » sur sa marque ou ses produits, mais de produire de la valeur ajoutée autour de ce qui fait sa légitimité, contenus que viendront alors chercher plus spontanément les internautes intéressés par le sujet ?
L’article donne alors l’exemple du site Nikeplus, de Nike, qui s’est approprié l’univers du jogging et offre aux coureurs un site communautaire étonnant et truffé de services personnalisés : défis collectifs, défis personnels, programmes d’entraînement personnalisés, suivi de ses progrès, possibilité d’inviter ses amis à suivre ses progrès et à les encourager, téléchargement de playlists (merci iTunes), choix d’itinéraires (merci Google) …

Adven Studio va même plus loin, arguant que ces nouveaux contenus doivent être dissociés des sites web des marques, pour être diffusés là « où se trouve leur audience » !
En bref, les web TV, forums, wiki, blogs, mini-séries TV, et autres stratégies de buzz et de viralité auraient de beaux jours devant eux, à condition que les marques acceptent de se faire discrètes commercialement parlant dans ces nouveaux supports, sans pour autant lésiner sur la qualité.
Vaste programme, déjà que le CRM peinait à s’imposer… ce n’est vraiment pas gagné avec les financiers.
16:17 Publié dans Marketing 2.0, Marketing relationnel - CRM, Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crm, marketing 2.0, danone, stratégies, nikeplus
26.09.2008
Boîte (aux lettres) à Meuh
J'ai eu la surprise de trouver il y a deux semaine dans ma boîte aux lettre ce tract promotionnel pour la marque de produits laitiers "joyeusement bio" Les 2 vaches.
Suprise, en effet, car pour une marque qui prône l'action écologique en faveur de la planète, jusque sur le tract en question (1 € reversé à des associations écologiques pour chaque achat d'un produit porteur de l'opération), il me semble contradictoire de distribuer des imprimés toutes boîtes, non ?
Certes, ils sont imprimés sur du papier recyclé, mais vu la qualité du résultat, je doute que ce soit réalisé selon un cahier des charges Imprim'Vert (label certifiant des imprimeurs engagés dans une démarche écologique, pour en savoir plus vous pouvez consulter le blog d'Arnaud Meunier ici ). J'ai d'ailleurs écrit aux "deux vaches" pour avoir leur réaction, mais pour le moment je n'ai pas reçu de réponse...
Voilà qui pose le problème de la promotion "verte" de masse : si on veut que le réflexe bio se développe, il faut rendre le bio accessible au plus grand nombre, en termes de prix mais également de réseau de distribution, et promouvoir les marques pour qu'elles acquièrent de la notoriété.
Côté distribution, le placement en GMS semble incontournable pour toucher le plus grand nombre de foyers : mais alors comment émerger face aux "poids lourds" de sa catégorie ?
Jusqu'à présent, on n'a rien inventé de mieux que le couponing "papier" pour faire découvrir une marque et acquérir de nouveaux clients. Quid du couponing électronique, par SMS ou mieux, par MMS, sur présentation en caisse (à condition de disposer d'une base de numéros de téléphones portables importante) ? Quid des opérations promotionnelles co-brandées, pour diviser l'impact environnemental de chaque marque ?
Mais la question de fond reste celle-ci : distribution de masse et marques bio ou équitables sont elles vraiment compatibles ?
18:11 Publié dans Marketing durable, Marketing opérationnel, Marques, Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : marketing durable, promotion, les deux vaches
23.07.2008
La gourmandise est-elle un vilain défaut ?
Source : LSA
En ces temps de mangerbouger.fr et de régime bikini, LINDT revendique bravement l'axe de la gourmandise avec sa nouvelle gamme "Maxi Plaisir".
Au menu : trois alléchantes tablettes de chocolat praliné, avec au choix lait praliné /noisettes, lait praliné / amandes et noir praliné / noisettes. Leur particularité ? Le maxi format de 220g, avec des carrés de praliné volumineux, "si généreux", dixit Lindt, agrémentés de noisettes ou d'amandes entières à l'intérieur....

A l'occasion de ce lancement, LINDT a sobrement mis en place une opération promotionnelle en magasin via l'emballage des tablettes, avec un premier achat 100% remboursé ; je n'ai pas vu de communication par ailleurs.
Alors que les chocolatiers rivalisent d'inventivité (de perversité, devrait-on dire ?) pour revisiter et animer leurs gammes, en faire des produits sophistiqués pour amateurs éclairés, la gourmandise, la vraie, est-elle, plus que jamais un vilain défaut qu'il est politiquement incorrect d'entretenir en dehors de Pâques et de Noël, où elle est collectivement tolérée y compris en mass media ?
J'aimerais bien voir un spot TV où la gourmandise est pleinement assumée... ça changerait des spots démagogiques où l'on nous explique qu'il y a plein de bon lait et de l'énergie pour se dépenser. Comme si j'achetais de la pâte à tartiner pour me dépenser !
08:00 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : réflexion, gourmandise, chocolat, Lindt, politiquement correct
06.07.2008
La revanche des trentenaires
Gentil trentenaire tant ignoré des marketeurs et des publicitaires trop occupés à s'entredéchirer le porte-monnaie des Seniors ou de leurs petits-enfants de 15-25 ans (à moins que tu ne sois gay, ou une femme), pendant que tu vis dans un monde qu'ils jugent triste et trop sérieux.... sache que 2 possibilités s'offrent à toi.
Possibilité n°1 : le refuge dans la nostalgie de ta douce enfance.
Celle-là, on ne va pas la refaire en boucle, ça fait 10 ans qu'on te répète entre 2 "gloubiboulga night" que tu ne veux pas grandir.
Cet été, tu auras le droit à la "bande à Dorothée" quasi au grand complet grâce à AB1 (alors qu'une autre chaîne de la TNT diffuse en boucle "les vacances de l'amour", pendant qu'une troisième concurrente vient de ressortir "Ulysse 31" - je suis dans la cible, il faut croire...), que tu pourras regarder en faisant ton cahier de vacances pour adultes ...

... ou tu profiteras d'une pub Carambar pour te moquer de la génération Tokyo Hotel, et au passage redécouvrir les "petites annonces d'Elie", parce que quand même il t'a bien fait rire (notez que ladite génération s'est empressée de rétorquer par d'autres petites annonces "home made" sur Dailymotion...)
Possibilité n°2 : l'espoir d'un monde meilleur ...
... où enfin plus aucun publicitaire ne t'ignorera. Tu n'y crois pas ? Pour t'en convaincre, va donc faire un tour sur le site d'Influencia, qui résume les résultats d'une étude réalisée par Proximity Worldwide sur notre "génération perdue".
Plus sain, plus bio, plus intelligent ... le monde que les trentenaires réclament n'a pas l'air très éclatant. Il n'empêche que, peu à peu, ils finiront par prendre le pouvoir et à asseoir leur influence, aussi les marques qui veulent perdurer ont intérêt à s'intéresser de très près aux valeurs et aux besoins de ces "parents fiers de l'être", et ce dès maintenant.
21:37 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : réflexion, marketing générationnel
24.06.2008
Mais que fait E.Leclerc ?
Dans le contexte actuel où le pouvoir d’achat est devenu le sujet de conversation et l’axe de communication n°1, le gouvernement italien fait encore plus fort que Leclerc et son quiestlemoinscher.com … avec son site www.consumatori.it.
Il propose en effet à ses concitoyens un service de tracking des prix de 80 catégories de produits alimentaires, et la possibilité de recevoir, à tout moment, ces prix par SMS, et ce gratuitement.
Le site internet permet, en plus, de suivre l’évolution des prix, de savoir pour un même produit où il est le plus cher et où il est le moins cher, et de constituer un panier d’achat virtuel afin d’en évaluer le prix. En s’enregistrant sur le site, l’internaute peut aussi sauvegarder ce panier d’achat et suivre son évolution dans temps.

Avec Internet, le pouvoir du consommateur – et par tant sa volonté de faire le meilleur « deal » possible - s’est affirmé : comparateurs de prix, centrales d’achat, possibilité de consulter des avis d’utilisateurs … les entreprises qui ne respectent pas les standards des consommateurs sont vite repérées et signalées.
Certes, pour la majorité des internautes, ce genre de recherche est réservé aux achats "importants" (électroménager, informatique, hi-fi, voyages...), mais il n'empêche que nous attendons désormais plus de transparence dans de nombreux domaines.
Mais quid de nos façons d’acheter, en particulier en magasin, alors que grâce aux services mobiles et à l’internet mobile, nous aurons bientôt en permanence un informateur/comparateur dans notre poche ?
08:00 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : internet mobile, consumérisme, comparateur de prix
19.06.2008
Marketing mobile : ça bouge
Après le retour d’expérience d'Yves Rocher, sur l’utilisation du canal téléphone mobile pour soutenir le lancement d’une nouvelle gamme de maquillage destinée à une cible 16-25 ans, c’est au tour de Procter & Gamble de livrer ses premiers résultats en la matière au Journal du Net, pour le lancement du parfum Touch of Pink de Lacoste (également destiné à une cible jeune femme de 16-25 ans).
L’idée : le mobile est un outil qui permet d’établir une relation constante avec les clientes, en particulier sur le lieu de vente. De plus, avec le développement de l’internet mobile, il est désormais possible de créer des liens vers des sites dédiés pour renforcer cette interactivité, à l’identique de ce qui se fait aujourd’hui par e-mailing.
Mais les consommatrices sont elles favorables à recevoir des SMS publicitaires sur un support aussi privé que leur téléphone ? Quelle est la durée de vie d’un SMS promotionnel avant qu’il soit supprimé, s’il n’est pas « utilisé » ? Le SMS est-il un canal équivalent à l’e-mailing en termes de transformation et de viralité ?
Ces deux retours d’expérience nous en apprennent un peu plus.
L’objectif d’ Yves Rocher était de créer du trafic dans les points de vente de la marque en France.

Dans un premier temps, chaque cliente a reçu, selon son téléphone, un SMS, un MMS ou un lien cliquable renvoyant vers le site internet mobile de l’opération, contenant une offre promotionnelle destinée à générer le trafic (un mini gloss offert pour tout achat d’un produit de la nouvelle gamme).
Dans un 2e temps, les clientes avaient la possibilité d’envoyer des SMS à leurs contacts depuis le site web.
Pour Procter & Gamble, l’objectif était de développer la notoriété du nouveau parfum, et de créer de l’interactivité avec les consommatrices.
Le mobile a été utilisé en complément d’une vaste campagne multi-canal, incluant les medias de masse traditionnels et un site Internet « fixe ». Le dispositif mobile consistait en du placement de bannières sur les grands sites mobiles féminins, et l’envoi de 10 000 SMS comportant un lien vers un site wap.

Le site mobile proposait notamment de recevoir un échantillon gratuit du parfum, de participer à un jeu-concours sous la forme d'un instant gagnant pour gagner un coffret Lacoste Touch of Pink, et d'envoyer un « message d'amour » par MMS.
Dans ces deux cas, le constat des marques est similaire : sur une cible jeune, le mobile est un excellent vecteur de communication : dans le cas de Procter, une étude menée post-campagne montre que 94% des destinataires du SMS sont favorables à ce genre de communication. Dans le cas d’Yves Rocher, on souligne aussi que les destinatrices se sont avérées êtres de bonnes ambassadrices, puisqu’environ 1000 d’entre elles ont transféré le message à leurs amies.
Le mobile inciterait également fortement à l’action, quand le message est assorti d’une promotion, et la possibilité de transférer ce « bon plan » à des amies permet aussi de démultiplier la transformation.
Illustration par une anecdote personnelle : Etam utilise de temps à autre le canal SMS pour proposer X% de réduction tel jour sur présentation du message. Je peux certifier à la Direction Marketing d'Etam que ce n’est pas seulement la destinataire du SMS qui se déplace sur le lieu de vente pour profiter de la promotion ...
Néanmoins, je pense que les marques qui veulent s’essayer au marketing mobile doivent, encore plus que pour l’e-mailing, être extrêmement pertinentes en ce qui concerne leur cible.
Entre les spams, les newsletters auxquelles on se ne rappelle même plus que l’on est abonné, les campagnes diverses de marques auxquelles on a donné son opt’in, et enfin les messages personnels, les messageries électroniques sont saturées. Mais on a fini par s’y habituer.
Par contre (et peut-être aussi un peu par conséquent), le téléphone mobile appartient, pour la majorité des gens, au domaine du privé. Des SMS publicitaires : oui, mais à condition qu’ils soient émis par des marques avec lesquelles on a tellement d’affinités qu’elles sont acceptées dans le cercle privé, et qu’ils contiennent un message suffisamment important / urgent pour justifier d’être envoyé par ce biais.
Un e-mail mal ciblé suscite, au pire, du désintérêt. Un SMS mal ciblé risque, à mon sens, de susciter un vrai rejet.
Les 15-25 ans semblent peut-être moins regardants à ce sujet, plus ouverts à la nouveauté et aux propositions d’essais. Mais prudence, car ils sont aussi plus radicaux dans leurs réactions, et très sélectifs en ce qui concerne les « bons plans » qui les concernent vraiment.
08:00 Publié dans Marketing mobile, Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : marketing mobile, 15-25 ans, interactivité, Yves Rocher, Lacoste, Etam
09.06.2008
Cartes co-brandées : bientôt le boom des séries limitées « événementielles » et des cartes affinitaires ?
Aux Etats-Unis, les cartes co-brandées représentent 45% du marché, et il y en a sur tous les thèmes, je ne résiste pas au plaisir de vous présenter la carte Visa "World of Warcraft" en guise d’exemple de cette grande variété.

En France, comme je l’ai déjà évoqué ici, l’autorisation donnée par le GIE Carte Bancaire en octobre dernier ouvre de belles perspectives de développement pour le marché des cartes, avec, de la segmentation du marché au contenu des services et au mode de distribution, un marketing entièrement à réinventer.
Les séries limitées
Ainsi ont commencé les séries limitées dans l’univers du sport, qui se sont multipliées dès 2007 autour du rugby pour la Société générale, du vélo pour LCL ou du football pour Banque populaire.
Dernière en date, la carte Cléo spécial Jeux olympiques de Beijing 2008 du LCL, qui offre à ses adhérents l’accès à un réseau de partenaires de l’univers du sport, avec bien sûr la possibilité de bénéficier de remises préférentielles.
Surfant sur de grands événements populaires, ces cartes sont donc plus généralistes qu’affinitaires, mais permettent d’événementialiser le marché.
Les cartes affinitaires liées à des centres d’intérêt
On trouve dans cette catégorie la carte co-brandée de la Fédération Française de Golf, lancée au printemps en partenariat avec Franfinance, organisme de crédit de la Société Générale. La carte est donc à la fois une carte de paiement dans le réseau Visa, une carte de crédit associée à une réserve d’argent, et une carte de fidélité.
Elle permet en effet l’accès à une galerie marchande de partenaires Franfinance, avec de nombreuses offres de remise, et chaque achat réalisé profite à l’adhérent sous forme d’un cash back reversé sur son compte bancaire. Outre l’accès à la galerie, la carte FFGolf propose une sélection de voyages liés à l’univers du golf et des conditions préférentielles chez des partenaires (équipement de golf…)
Les cartes affinitaires liées à une catégorie de population particulière
Dans le domaine des cartes affinitaires ciblant une catégorie de population particulière, on a vu que le marché des cartes « jeunes » était en train d’exploser.
Les femmes sont, à mon avis, une autre cible à privilégier en la matière.
Première à se lancer dans le gender marketing « sauce carte bancaire », la Bred commercialise depuis décembre dernier une carte Mastercard spécialement pensée pour les femmes, la carte Bred Affinity.
Outre un design soigné pour se rapprocher de l’accessoire de mode - reflets nacrés pour la Mastercard Standard, habillage « croco » pour la Gold Mastercard - la Bred Affinity propose à ses adhérentes des services très bien étudiés :
- des offres privilégiées dans le réseau des partenaires permanents de la carte : Sephora, Fnac.com, 24h00.com…
- le choix de son mode de règlement : débit immédiat, différé, et même en 3 fois (déclenchable par SMS)
- un service d’urgence à domicile « Urgence 3 h » en cas de panne ou d’incident domestique (plomberie, vitrerie, serrurerie) 24h/24 et 7j/7
- une garantie des achats et garantie vente à distance
- la prolongation de 1 ou 2 années des garanties constructeurs (hi-fi, vidéo, TV, électroménager)
Alors, la carte bancaire : nouvel accessoire révélateur de la personnalité de son porteur ? Personnellement, je parie que oui.
La Société Générale aussi, qui propose depuis le mois de mai à ses clients internautes de découvrir sa « collection 2008 »…. A suivre dans un prochain article.

08:00 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cartes co-brandées, fidélisation, banque, gender marketing, cartes affinitaires
06.06.2008
Cartes co-brandées et cible « jeune » : le pari de la fidélité
Les Français sont fidèles à leur banque : ils possèdent un compte courant dans un ou deux établissements maximum, ne dispatchent pas leur produits d’épargne et d’emprunts en dehors de ces établissements, et en changent rarement.
Il faut dire que quand son salaire, ses impôts et ses divers prélèvements administratifs sont domiciliés sur un compte courant, la somme des démarches à accomplir pour changer cette domiciliation est assez décourageante.
D’où l’importance, pour les banquiers, de capter leurs clients avant qu’ils commencent à travailler et à s’assumer financièrement. D’autant plus que cette jeune clientèle, qui est là parce que c’est la banque de papa et maman, a de fortes velléités d’aller voir ailleurs pour signifier sa nouvelle indépendance.
Les cartes de paiement co-brandées pourraient permettre aux banques de résoudre cette problématique.
Actuellement, l’offre bancaire à destination des jeunes est sensiblement la même d’une banque à l’autre. Le co-branding pourrait être un atout de différenciation, et par là de fidélisation, pour la banque qui saurait monter des partenariats avec les marques préférées par les 12-17 ans, et proposer ainsi des avantages ou des services appréciés par les jeunes, aptes à les fidéliser quand ils passeront dans la tranche redoutée des 18-25 ans.
1) Autonomie et mobilité
Ainsi, la SNCF a choisi La Banque Postale pour émettre une carte bancaire co-brandée à destination des jeunes voyageurs de 12-17 ans. Objectif : proposer un produit sécurisant pour les parents, et source d’autonomie plus grande pour enfants.
Baptisée "Regliss", la « solution » retenue est en fait une carte prépayée Visa : elle permet aux parents de créditer, via Internet, une somme d’argent déterminée, qui peut ensuite être utilisée chez les commerçants du réseau Visa ou pour des retraits.
Elle apportera aussi des services d’information et d’alerte par SMS, des services d’assurance
et d’assistance et des réductions dans des univers appréciés par les jeunes.
Les deux partenaires comptent également sur cette carte pour communiquer auprès des jeunes sur le développement durable, la SNCF les incitant à « voyager propre » grâce au train, alors que La Banque Postale mettra à leur disposition des outils de gestion quasi exclusivement en ligne.
Cette carte sera commercialisée en novembre prochain sur le web, grâce à un futur site dédié, et dans les agences de la banque.
2) Musique et contenus multimedia à télécharger
De son côté, la Société Générale et Universal Music France ont annoncé le lancement de la carte "So Music", carte bancaire « classique » à destination des 18-24 ans, cette fois, se déclinant en carte nationale, carte Visa et carte Visa Premier.
Elle proposera en plus des services financiers :
- du téléchargement de musique illimité, des réductions sur les CD...
- un service de coaching artistique, des conseils sur les métiers de la musique, et un accès simplifié aux offres de stages et d’emplois chez Universal Music et ses partenaires,
- Une plateforme dédiée www.somusic.fr, complète le dispositif, avec webradio, personnalisation de mobile, tchat’ rooms en visio, jeux-concours, concerts privés …
Pour promouvoir le lancement de la carte, la Société Générale et Universal proposent aux 30 000 premiers porteurs un an de téléchargement de leur musique préférée (= un seul genre de musique) pour 1 € seulement.
Les partenaires ont un objectif de 280 000 porteurs d’ici 3 ans. Mise en circulation à partir du 26 mai, la carte « so music » sera disponible en agences et sur le site de la banque www.societegenerale.fr .

3) Univers du téléphone mobile
Enfin, BNP Paribas et Orange ont annoncé la commercialisation de la carte « Jump », à destination là encore des 12-17 ans, qui sera comme la carte « Régliss » une carte Visa prépayée, permettant aux adolescents de retirer des espèces en France et à l'étranger, et de régler chez les commerçants Visa dans la limite du montant crédité par leurs parents.
Les avantages en plus :
- des « bons plans » 2 fois par mois, avec des avantages dans les magasins préférés des jeunes
- le cumul de points fidélité supplémentaires à chaque utilisation, dans le cadre du programme de fidélité Zap Zone, programme communautaire réservé aux clients mobiles d’Orange.
Pour promouvoir ce lancement et les fonctionnalités de la carte, un grand jeu est actuellement en ligne sur le site www.jumptothenextlevel.com, qui consiste à explorer, dans la peau d’un avatar créé pour l’occasion, les différents univers du jeu afin de cumuler des « jumpies », et gagner ainsi des cadeaux.
La carte est commercialisée sur le site Internet dédié www.cartejump.com, et dans le réseau d'agences de BNP Paribas, et sera également disponible le 12 juin dans les agences France Télécom.

La bataille ne fait que commencer, mais je trouve que la Société Générale part avec un bel arsenal...
08:00 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : co branding, cartes bancaires, marketing jeunes


