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17.05.2008
Leclerc peut poursuivre sa communication sur les médicaments

source : LSA
Après son comparateur de prix de la concurrence sur Internet, le « poil à gratter » des grands distributeurs français a jeté un nouveau pavé dans la mare avec cette campagne en faveur de la vente en GMS de médicaments non remboursés.
La réaction des professionnels de la Pharmacie ne s'est pas faite attendre : le tribunal de grande instance de Colmar a été saisi en référé pour dénigrement, et a condamné le 21 avril le groupe Leclerc à retirer sa campagne publicitaire.
Le groupe Leclerc a naturellement fait appel : son argument principal est que l'ouverture aux grandes surfaces du marché de la distribution des médicaments non remboursés entraîneraient une baisse de leurs prix.
La Cour d'appel de Colmar vient de lui donner raison : elle considère que l'argument de Leclerc est certes « réducteur », mais qu'il ne s'agit pas pour autant d'un véritable « dénigrement » des pharmacies, sinon « une ironie un peu agressive ».
On pourra dire que la campagne a atteint son but : ouvrir un débat...
Mais la forme a ici autant d'importance que le fond : où s'arrête le sens de l'intérêt public, et où commencent l'opportunisme (le pouvoir d'achat qui baisse, les médicaments qui sont moins bien remboursés) et la démagogie (le pouvoir des GMS au service des consommateurs, versus le lobby pharmaceutique) ? Et dans ce cas, la forme est un peu trouble.
Qui profite de quoi dans la vente des médicaments non remboursés, en particulier les OTC (« Over The Counter », type aspirine ou pastilles pour la toux, par exemple) ? Les laboratoires ? Les pharmaciens ? On peut difficilement supposer que Leclerc acceptera de réduire ses marges, alors pense-t-il faire réduire la leur aux fabricants, au prétexte qu'ils auront accès à un plus large réseau de distribution (selon Leclerc, l'ouverture de la distribution de médicaments permettrait de faire baisser leurs prix d'environ 25%) ?
Le consommateur bénéficiera-t-il du même niveau de conseil que dans une pharmacie ? La distribution sera-t-elle contrôlée ? La promotion sera-t-elle contrôlée ?
Ce qui me gêne, en fait, c'est simplement que la question soit posée par un acteur du privé, qui plus est partie prenante à l'affaire, et de façon aussi caricaturale. Car elle mérite qu'on s'y attarde : le prix de la santé, c'est un vrai problème public, et je ne plaindrai pas les laboratoires s'ils se voient contraints de réduire leurs marges.
Mais en admettant que l'ouverture de la distribution de médicaments ait lieu, et que la baisse des prix soit effective, qui serait le grand perdant ? Certainement pas les laboratoires, qui se rattraperaient probablement sur le volume. Probablement les pharmaciens, qui verraient une partie de leur chiffre d'affaires détourné. Certainement les médicaments génériques, moins chers que leurs homologues de marque, et pourtant boudés par les Français.
Et pourtant, il me semble qu'un excellent remède à la hausse des prix des médicaments, c'est le développement du marché des génériques ?
20:25 Publié dans Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Débat, Réflexions




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